Article mis à jour le 6 novembre 2026 pour le nouveau référentiel Qualiopi V10.
En bref
L’audit de surveillance Qualiopi a lieu entre l’audit initial et le renouvellement, en général entre le 14e et le 22e mois après la certification. Il vérifie que la démarche qualité continue de vivre au quotidien. Les erreurs les plus fréquentes viennent presque toujours d’un relâchement après l’audit initial : preuves incomplètes ou introuvables, procédures qui ne correspondent plus à la réalité, veille collectée mais jamais exploitée, retours des stagiaires et des formateurs non traités, et mauvais usage du logo Qualiopi.
Pour un organisme de formation en santé, il faut y ajouter des pièges propres au secteur : une veille qui ignore la réforme du DPC ou la certification périodique, des émargements DPC incomplets, des contrats manquants avec les formateurs vacataires, ou une mention du FIF-PL non conforme.
Depuis le 1er novembre 2026, le nouveau référentiel Qualiopi V10 s’applique. Jusqu’au 31 décembre 2026, un organisme déjà certifié peut encore être audité selon les anciennes règles. À partir du 1er janvier 2027, tous les audits de surveillance portent sur les 33 indicateurs.
Obtenir Qualiopi n’est qu’une première étape. À l’audit de surveillance, l’auditeur ne regarde plus seulement si votre système qualité existe : il vérifie qu’il est appliqué, à jour, et qu’il a produit des améliorations depuis l’audit initial. Vous êtes audité sur toute la période écoulée, pas sur ce que vous avez préparé la veille.
Voici les erreurs les plus fréquentes, avec à chaque fois ce qu’elles donnent dans un organisme qui forme des soignants.
Les 8 erreurs fréquentes à l’audit de surveillance Qualiopi
1. Arrêter la démarche qualité après l’audit initial
C’est l’erreur la plus courante : une fois le certificat obtenu, le suivi documentaire se relâche, les mises à jour s’arrêtent, les indicateurs ne sont plus suivis. En santé : l’activité est souvent saisonnière, avec des sessions groupées sur quelques mois. Fixez-vous un point qualité court chaque trimestre, même quand vous n’avez pas de session.
2. Des preuves incomplètes, non datées ou introuvables
La pratique existe, mais sans trace : évaluations des acquis non archivées, convocations perdues, programmes sans date, CV anciens. En santé : pour une session DPC, l’ANDPC exige des émargements par demi-journée (fiche n°4 2026). Rangez-les au fil de l’eau, dans un dossier par session, avec les évaluations des acquis et les bilans.
3. Des procédures qui ne correspondent plus au terrain
Les modèles achetés ou rédigés pour l’audit initial ne décrivent pas ce que vous faites vraiment. L’auditeur croise les documents, les entretiens et les pratiques : un beau dossier ne suffit pas s’il ne reflète pas votre fonctionnement réel. En santé : si vos ateliers pratiques se déroulent autrement que décrit (matériel, nombre de stagiaires par formateur, consignes de sécurité), mettez la procédure à jour plutôt que l’inverse.
4. Une veille collectée mais jamais exploitée
Lire des articles, écouter des podcasts ou aller à des salons ne suffit pas. Il faut montrer ce que vous avez retenu et ce que vous avez changé, par exemple dans un tableau : information recueillie, analyse, modification apportée. Les auditeurs regardent la veille réglementaire, pédagogique, métier et handicap. En santé : votre veille réglementaire doit couvrir la fin de l’ANDPC et la réforme du DPC, la certification périodique et les critères annuels du FIF-PL. Notez pour chacun ce que vous avez adapté dans votre catalogue.
5. Ne traiter que les retours des stagiaires
L’amélioration continue (critère 7) demande de recueillir et de traiter les retours de toutes les parties prenantes, pas seulement des stagiaires : formateurs, financeurs, entreprises. Les réclamations doivent être tracées, et même sans réclamation vous devez pouvoir montrer comment elles seraient traitées. En santé : pensez aux retours de vos formateurs vacataires après chaque session. Avec le nouveau référentiel, ajoutez l’analyse des risques qui pèsent sur la qualité (indicateur 32).
6. Oublier le handicap en dehors de l’indicateur 26
Répondre « pas concerné » est risqué. La question du handicap traverse tout le référentiel, dès l’information du public, et pas seulement l’indicateur 26. En santé : les formations gestuelles posent des questions concrètes d’accessibilité. Montrez votre référent handicap, l’information donnée à l’inscription et un exemple d’aménagement.
7. Des formateurs dont les compétences ne sont pas à jour
CV génériques, non datés, sans lien avec les formations animées. En santé : gardez pour chaque intervenant un CV daté, ses diplômes et ses formations récentes, et un contrat écrit s’il intervient comme prestataire. Le nouveau Qualiopi exige désormais ce contrat de sous-traitance et la trace de vos contrôles (indicateur 27).
8. Mal utiliser le logo Qualiopi, et le logo du FIF-PL
Le logo Qualiopi suit une charte d’usage stricte : c’est votre organisme qui est certifié, pas vos formations ni vos formateurs. En santé : même vigilance pour le FIF-PL, dont le logo est interdit. La seule mention autorisée est « formation susceptible d’être prise en charge par le FIF PL » (FAQ du FIF-PL).
Organismes de formation
Des sessions bien remplies, ce sont aussi plus de retours à analyser et de meilleurs résultats à afficher. Kiasma référence vos formations auprès des professionnels de santé qui cherchent leur prochaine session.
Ce qui change pour votre audit de surveillance avec Qualiopi V10
Depuis le 1er novembre 2026, le référentiel national qualité V10, issu du décret n° 2026-728, est en vigueur. L’arrêté du 28 octobre 2026 fixe le calendrier pour un organisme déjà certifié :
- jusqu’au 31 décembre 2026, votre audit de surveillance peut se faire dans les conditions en vigueur au 31 octobre 2026 ;
- à partir du 1er janvier 2027, il porte sur les 33 indicateurs du nouveau référentiel.
Le même arrêté précise que les audits de surveillance se font généralement à distance, sauf pour les CFA et les nouveaux entrants. Si vous proposez des formations à distance, l’indicateur 9 (information sur les conditions de déroulement) est vérifié à chaque audit de surveillance.
Si votre audit tombe en 2027, préparez en priorité les indicateurs réécrits qui touchent un OF santé : information exacte sur les financements (1), méthode de calcul des résultats (2), prévention des violences et du harcèlement (12), suivi réel de l’e-learning (19), contrats de sous-traitance (27) et analyse des risques (32). Le détail, avec les preuves à montrer, est dans notre article sur le nouveau Qualiopi pour les OF santé.
À lire aussi
La méthode pour préparer l’audit sereinement
L’audit de surveillance se prépare tout au long de la période, surtout pour la veille et l’amélioration continue. La bonne méthode tient en un rendez-vous trimestriel de 30 minutes :
1
Preuves
Vérifiez que chaque session du trimestre a son dossier complet (convention, convocation, émargements, évaluations, attestations).
2
Retours
Listez les retours des stagiaires, des formateurs et des financeurs, et les actions décidées.
3
Veille
Notez les textes du trimestre (DPC, certification périodique, FIF-PL, Qualiopi) et ce que vous avez adapté.
5
Risques
Relisez votre tableau des risques et ajustez les parades.
Questions fréquentes
Quand a lieu l’audit de surveillance Qualiopi ?
En général entre le 14e et le 22e mois après l’obtention de la certification, entre l’audit initial et l’audit de renouvellement.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes à l’audit de surveillance ?
L’arrêt du suivi qualité après l’audit initial, des preuves incomplètes ou non datées, des procédures qui ne reflètent plus le terrain, une veille non exploitée, des retours non traités et un mauvais usage du logo Qualiopi.
L’audit de surveillance se fait-il sur le nouveau référentiel V10 ?
Depuis le 1er novembre 2026, le nouveau référentiel est en vigueur. Jusqu’au 31 décembre 2026, un organisme déjà certifié peut encore être audité dans les conditions applicables au 31 octobre 2026. À partir du 1er janvier 2027, tous les audits portent sur les 33 indicateurs.
Que doit contenir la veille d’un organisme de formation en santé ?
Une veille réglementaire (réforme du DPC, certification périodique, critères du FIF-PL, Qualiopi), pédagogique, métier et handicap, avec pour chaque information retenue l’analyse faite et ce qui a changé dans vos formations.
Faut-il prouver le traitement des réclamations si je n’en ai reçu aucune ?
Oui. Vous devez montrer comment une réclamation serait recueillie, suivie et traitée, et garder la trace des remarques reçues, même informelles.
Puis-je mettre le logo Qualiopi sur mes fiches formation ?
Uniquement en respectant la charte d’usage : c’est l’organisme qui est certifié, pas la formation. Pour le FIF-PL, le logo est interdit, seule la mention « formation susceptible d’être prise en charge par le FIF PL » est autorisée.

