Formations certification périodique : comment votre OF peut en proposer, même sans être ODPC

6 novembre 20269 min de lectureNouveau
Illustration : Certification périodique : ce qui change pour vos stagiaires

Article vérifié le 6 novembre 2026 sur la FAQ nationale du ministère de la Santé (mise à jour le 15 juillet 2026). Les modalités d’accès des organismes au téléservice ne sont pas encore publiées : nous mettrons cette page à jour.

En bref

La certification périodique est une obligation légale, depuis le 1er janvier 2023, pour les 7 professions de santé à ordre : chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, médecins, pédicures-podologues, pharmaciens et sages-femmes. Chaque professionnel doit réaliser au moins 2 actions dans chacun des 4 axes obligatoires, soit 8 actions minimum par cycle de 6 ans. La première période dure 9 ans pour ceux qui exerçaient déjà avant le 1er janvier 2023.

Pour un organisme de formation, c’est un nouveau marché : un OF avec un simple numéro de déclaration d’activité (NDA) peut proposer des formations pour la certification périodique, sans être ODPC. Le DPC en fait partie, surtout pour les 2 premiers axes, mais les formations hors DPC comptent aussi si elles figurent dans le référentiel de la profession ou en respectent les critères. Ces référentiels sont élaborés par les conseils nationaux professionnels (CNP) et validés par le Conseil national de la certification périodique.

Le soignant déclare ses actions sur le téléservice Ma Certif’Pro Santé, opéré par l’Agence du numérique en santé et ouvert à partir de novembre 2026. Il doit donc garder ses justificatifs : attestation, programme, émargement.

Les soignants cherchent désormais des « formations certification périodique ». Les contenus qui leur répondent sont nombreux. Ceux qui expliquent à un organisme de formation comment se positionner sur ce marché le sont beaucoup moins. Voici l’essentiel, vu côté OF, vérifié sur la FAQ officielle du ministère de la Santé.

La certification périodique en bref

Instaurée par l’ordonnance du 19 juillet 2021, la certification périodique est obligatoire depuis le 1er janvier 2023. Elle concerne tous les professionnels de santé inscrits à un ordre et en exercice, quel que soit leur mode d’exercice (libéral, salarié ou mixte). Sept professions sont concernées : chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, médecins, pédicures-podologues, pharmaciens et sages-femmes.

Le cycle dure 6 ans. Il commence à la date d’inscription à l’Ordre et se calcule individuellement. Pour les professionnels qui exerçaient déjà avant le 1er janvier 2023, la première période est de 9 ans. Les cycles s’enchaînent ensuite tout au long de la carrière.

Plusieurs acteurs se partagent le dispositif. Le Conseil national de la certification périodique (CNCP) pilote et valide les référentiels. Les CNP les élaborent pour chaque profession ou spécialité, avec l’expertise scientifique et méthodologique de la HAS. Les Ordres contrôlent le respect de l’obligation, d’abord dans une logique d’accompagnement. Les référentiels sont publiés en annexe de l’arrêté du 26 février 2026.

Les professions sans ordre, comme les orthophonistes ou les aides-soignants, restent soumises à l’obligation triennale de DPC classique.

Les 4 axes et les 8 actions minimum

Sur 6 ans, chaque professionnel doit réaliser au moins 2 actions par axe, soit 8 actions au total. Certains référentiels peuvent demander davantage, sans remettre en cause ce socle commun.

1

Actualiser les connaissances et les compétences

Formations continues (DPC ou hors DPC), congrès, enseignement, tutorat, recherche.

2

Renforcer la qualité des pratiques professionnelles

Évaluation des pratiques, gestion des risques, analyse des situations professionnelles.

3

Améliorer la relation avec les patients

Communication, éthique, information du patient, prise en compte de son expérience.

4

Mieux prendre en compte sa santé personnelle

Prévention, conditions d’exercice, risques professionnels.

Les axes 3 et 4 reposent sur une architecture commune aux 7 professions. Un professionnel qui n’a pas de contact direct avec des patients n’est pas tenu de réaliser l’axe 3.

Quelles formations comptent pour la certification périodique ?

Le DPC. La certification périodique ne remplace pas le DPC, elle l’intègre. Le DPC en est une composante, notamment pour les 2 premiers axes. Mais il ne suffit pas à lui seul, puisqu’il faut couvrir les 4 axes. À terme, pour les professions à ordre, l’obligation triennale de DPC a vocation à être remplacée par le cycle de certification périodique. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 va dans ce sens (voir la fin de l’ANDPC).

Les formations hors DPC. Elles comptent si elles s’inscrivent dans l’un des 4 axes, figurent dans le référentiel de la profession ou en respectent les critères, et sont justifiables. Attention : certaines formations doivent être labellisées ou reconnues par le CNP compétent. Une action absente du référentiel, dite « action libre », peut aussi être reconnue, mais seulement après validation par le CNP.

Les congrès et séminaires. Ils comptent s’ils sont en lien avec la profession, si la participation est justifiable, et s’ils respectent les règles déontologiques, notamment en matière de relations avec l’industrie.

Les justificatifs. Le soignant doit conserver ses attestations, programmes et certificats de participation, puis les déposer sur Ma Certif’Pro Santé. C’est à vous de les lui remettre complets, avec l’intitulé, les dates, la durée et le programme.

Le point clé pour un OF : pas besoin d’être ODPC

Un OF titulaire d’un simple NDA peut proposer des actions de certification périodique (Centre Inffo ; ANFH). Il y a donc deux voies :

  • le DPC exige d’être enregistré comme ODPC et de faire évaluer ses actions ;
  • la certification périodique est ouverte à tout OF déclaré, avec des formations qui correspondent au référentiel de chaque profession. Vérifiez si le CNP exige une labellisation pour votre type d’action.

Deux axes sont encore peu occupés par les organismes : la relation avec les patients (axe 3) et la santé du professionnel (axe 4). Ce sont des pistes de nouvelles formations, d’autant que le DPC est surtout tourné vers les deux premiers. Pensez aussi à l’évaluation des acquis : elle renforce la valeur de l’action et sa traçabilité.

Organismes de formation

Vos formations entrent dans un axe de la certification périodique ? Faites-le savoir aux soignants qui cherchent. Kiasma référence vos sessions auprès des professionnels de santé qui construisent leur parcours.

Comment présenter vos formations sans induire en erreur

Le ministère prévient que toute plateforme qui prétend donner accès au téléservice ou s’y substituer est susceptible d’être frauduleuse. Le Collège de la médecine générale appelle aussi à la prudence face aux sollicitations qui laissent croire qu’une inscription payante ou urgente serait indispensable (CMG). Pour rester crédible :

  • Parlez d’action, jamais de certification : vous vendez une formation qui s’inscrit dans un axe, pas « la certification périodique » elle-même.
  • N’annoncez pas « 2 axes validés » : une action peut contribuer à plusieurs axes, mais elle n’est comptée qu’une seule fois, dans l’axe que choisit le soignant.
  • Indiquez l’axe principal et la profession sur chaque fiche, en citant le référentiel concerné. Voir comment rédiger une fiche formation qui donne envie.
  • Évitez l’urgence artificielle : le cycle dure 6 ans, 9 ans pour la première période, et le non-respect n’entraîne pas de sanction automatique.
  • Soyez exact sur les financements : n’écrivez « DPC » que pour une action publiée. Le nouveau Qualiopi exige d’ailleurs une information précise et vérifiable sur ce point.

Ce que votre OF peut faire dès maintenant

1

Rattachez chaque formation de votre catalogue à un axe du référentiel de chaque profession ou spécialité que vous formez.

2

Vérifiez auprès du CNP si vos actions hors DPC doivent être labellisées ou reconnues.

3

Comblez les axes 3 et 4 si votre offre ne couvre que l’axe 1.

4

Soignez vos documents de fin de formation : attestation, programme, émargement, avec l’axe mentionné.

5

Rappelez à vos anciens stagiaires que les actions suivies depuis le 1er janvier 2023 comptent, s’ils ont gardé leurs justificatifs.

6

Suivez Ma Certif’Pro Santé : le ministère annonce son ouverture aux professionnels à partir de novembre 2026. Rien n’est encore publié sur l’accès des organismes de formation.

Questions fréquentes

C’est quoi la certification périodique ?

C’est une obligation professionnelle, depuis le 1er janvier 2023, pour les professionnels de santé inscrits à un ordre. Ils doivent réaliser au moins 2 actions dans chacun des 4 axes (connaissances et compétences, qualité des pratiques, relation avec les patients, santé personnelle) sur un cycle de 6 ans.

La certification périodique est-elle obligatoire pour les infirmiers ?

Oui. Les infirmiers font partie des 7 professions à ordre concernées, quel que soit leur mode d’exercice : libéral, salarié ou mixte.

Combien de temps dure un cycle de certification périodique ?

Six ans, à compter de la date d’inscription à l’Ordre. Pour les professionnels qui exerçaient déjà avant le 1er janvier 2023, la première période est de 9 ans. Les cycles s’enchaînent ensuite.

Quelles formations sont prises en compte pour la certification périodique ?

Les actions DPC et les formations hors DPC qui s’inscrivent dans un des 4 axes, figurent dans le référentiel de la profession ou en respectent les critères, et sont justifiables. Certaines doivent être labellisées ou reconnues par le CNP.

Une formation peut-elle valider plusieurs axes ?

Elle peut contribuer à plusieurs axes, mais elle n’est comptée qu’une seule fois. Le soignant la rattache à un seul axe lors de sa déclaration.

Faut-il être ODPC pour proposer des formations de certification périodique ?

Non. Un organisme de formation avec un numéro de déclaration d’activité (NDA) peut en proposer. Le statut d’ODPC reste nécessaire pour le DPC.

Quelle est la différence entre la certification périodique et une formation certifiante ?

Une formation certifiante mène à une certification professionnelle enregistrée (RNCP ou répertoire spécifique). La certification périodique est une obligation de parcours pour les soignants : chaque formation suivie compte comme une action, mais ne délivre pas de certification.

La certification périodique est-elle un diplôme ?

Non. Elle ne délivre aucun titre. C’est l’Ordre qui vérifie, en fin de cycle, que le parcours a bien été réalisé.

Que se passe-t-il si un professionnel ne remplit pas ses obligations ?

Il n’y a pas de sanction automatique. L’Ordre examine la situation au cas par cas et peut demander des compléments ou proposer un plan d’actions correctrices. En cas de refus injustifié, une procédure disciplinaire est possible.

Quels justificatifs le stagiaire doit-il conserver ?

Ses attestations, programmes et certificats de participation, à déposer sur Ma Certif’Pro Santé, le téléservice opéré par l’Agence du numérique en santé.


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